Robert part pour Le Monastier (Haute-Loire). 20 septembre 1878: départ en direction d'Alès, à pied à travers les Cévennes, avec l'ânesse Modestine. 3 octobre: arrivée à Alès.

 

La vie et les livres de Robert Louis Stevenson

Robert Louis StevensonA propos de Stevenson, Henry James parlait d'une "progressive absoption de la vie par le romanesque". La littérature et la vie.... Leur singulier mélange... leur réciproque mise en incandescence... la littérature imposant sa forme à la vie, la vie décapant la littérature de tous ses faux-semblants... L'art, la vie et, à l'image du courant électrique passant entre deux bornes, leur "mise sous tension" en un art de vivre: ce fut toute la quête de Stevenson, au fil de ses jours, jusque dans son exil aux Samoa.

Les amoureux de L'Ile au trésor ou du Maître de Ballantrae l'ignorent généralement: Stevenson s'attira d'abord une flatteuse réputation comme essayiste et ne s'imposa comme romancier que passé la trentaine. Brillant, paradoxal, moraliste dans l'âme mais irrévérencieux tout autant, passant dans une même phrase de la plus haute abstraction au concret le plus prosaïque, affectant le ton du négligé pour mieux surprendre son lecteur...
Si le jeune Stevenson multiplie les essais, s'interroge sur le sens de la vie, l'urgence d'une morale, c'est qu'il se heurte à un problème de taille, qu'il affronte seul. Au-delà de sa santé délicate, de son affrontement avec son père, de sa

dépendance financière, la question qui se pose est celle-ci: comment échapper aux carcans de la société victorienne, tracer des lignes de fuite, ouvrir des espaces neufs ? Dans sa vie comme dans son ouvre.

Comment échapper à ce monde mortifère, rabougri, étouffant, trouver de l'air ? En l'attaquant sur tous ses points sensibles, là où l'hypocrisie est la plus manifeste, la plus insupportable: les relations père-fils, l'institution du mariage, la sexualité, la religion, l'exigence morale, l'idéologie du travail. Ce sera l'objet d'une bonne part de ses essais.
D'abord fuir ! Oser l'expérience du Dehors, sortir des chemins balisés, pour éprouver le monde, se laisser dépouiller par lui de toutes les certitudes. "Je ne voyage pas pour aller quelque part, mais pour voyager; je voyage pour le plaisir du voyage; car l'essentiel est de bouger, d'éprouver d'un peu plus près les nécessités et les aléas de la vie, de quitter le nid douillet de la civilisation, de sentir sous ses pas le granit terrestre et, par endroits, le tranchant du silex." (extrait du Journal de Voyage dans les Cévennes avec un âne).
Ensuite s'alléger de tout ce qui, dans l'existence, nous ligote et nous englue, pour vivre sans maison, sans attaches, sans muraille à défendre, passer de lieu en lieu avant que ne fixent les relations entre les êtres. Robert Louis Stevenson

Ce sera son pari "bohémien" que ce rêve d'une société nomade, quand chacun sait pouvoir, dès le lendemain, être ailleurs, et du même coup ose, se révèle à soi-même.

Puis se laisser traverser, toute résistance brisée, par le poème du monde, jusqu'au moment où apparaît la certitude de n'être que pure sensation.
Se frotter aux autres, résolument ! L'indifférence à autrui, la "sottise britannique", avait le don de mettre Stevenson en rage; les colonisateurs britanniques, selon lui, avaient conquis le monde d'autant plus sereinement qu'ils ne le voyaient pas !
Enfin, explorer les continents, en soi, que la société de son temps s'obstinait à nier, et à refouler. En affrontant ses ténèbres intérieures, les jeux de la lumière et de l'ombre en chacun, laisser ce surgir ce "continent noir" que l'on appellera bientôt l'inconscient...

Au siècle dernier, Robert Louis Stevenson composait un ensemble de règles simples pour aider les gens à être plus heureux.
Ces règles s'appliquent encore aujourd'hui:

1.Décide d’être heureux. Apprends à trouver du plaisir dans les choses simples.

2.Tire le meilleur parti possible de tes situations. Nul ne possède tout et tout le monde a une certaine tristesse mêlée aux plaisirs de la vie. Le secret consiste à rire plus qu’on ne pleure.

3.Sois indulgent avec toi-même. Ne te prends pas trop au sérieux. Et ne crois pas que tu dois être protégé des malheurs qui frappent les autres.

4.Ne te soucie pas des critiques. Tu ne peux plaire à tout le monde.

5.Fixe tes propres normes et tes propres buts. Sois toi-même et explore tes propres limites.

6.Fais ce que tu aimes faire, mais sans t’endetter.

7.Ne cherche pas les ennuis. Les fardeaux imaginaires sont plus lourds à porter que les vrais.

8.Débarrasse-toi de tes rancœurs. La haine, l’envie et la colère te rongeront de l’intérieur.

9.Multiplie tes intérêts. Si tu ne peux voyager, parcours le monde par tes lectures.

10.Ne te laisse pas terrasser par les regrets. Surmonte tes tristesses et tes erreurs et ne conserve que les leçons utiles qu’elles t’ont apprises.

11.Fais ce que tu peux pour les gens moins fortunés que toi.

12.Tiens-toi occupé. Quiconque est très occupé n’a pas le temps d’être malheureux.

Robert Louis Stevenson

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Une lettre des Samoa

A Sydney Colvin
Dans la montagne, Apia, Samoa, lundi, le 2 novembre 1890

Stevenson à Vailima aux Samoa
A Vailima aux Samoa en 1892 (RLS au centre)

Mon cher Colvin,
Comme elle est dure, intéressante et belle la vie que nous menons maintenant. Nous vivons au creux d'une profonde entaille du mont Vaea, à quelque deux cents mètres au-dessus de la mer, nichés dans une forêt qui menace constamment de nous étrangler, et que l'on combat à coups de hache et de dollars. Je me suis entiché des travaux de force, et il a fallu que je m'oblige à rester à l'intérieur si je ne voulais pas que la littérature aille à vau-l'eau. Rien n'est aussi passionnant que de désherber, défricher, tracer des sentiers; surveiller les ouvriers devient une maladie; il est difficile de résister à la pente agricole; on se sent si bien fermier.
Revenir couvert de boue et tout trempé de sueur et de pluie après quelques heures dans le bush, se changer, se frictionner, s'asseoir sous la véranda, c'est goûter à une conscience tranquille.
Et ce que je remarque de plus étrange est ceci: si je sors pour gagner trois sous, à houspiller mes ouvriers et à manier le coutelas et la bêche, ma conscience imbécile applaudit; si je reste à la maison pour gagner vingt livres, la même se lamente de ma négligence et du temps perdu.
Robert Louis StevensonJ'ai passé la matinée à Dans les mers du Sud et terminé le chapitre sur lequel j'avais séché samedi. Fanny, toute percluse de courbatures et d'égratignures gagnées pour l'amour du sport et de la gloire, à poursuivre des cochons, incapable de monter et descendre les escaliers, est restée assise sous la véranda de derrière, houspillant Paul, Peni et Simelé qui défrichaient le champ, ponctuant mon travail de ses cris...
Ma longue lutte muette contre la forêt a sur moi un effet étrange: la vitalité incroyable de ces végétaux, l'exubérance de leur nombre et de leur force, les tentatives des lianes pour enserrer l'intrus, pour le capturer, le silence terrible, le fait de savoir que tous vos efforts sont voués à l'échec, effacés sous quelque efflorescence nouvelle, la bataille silencieuse, le meurtre, la mort lente des arbres en lutte les uns contre les autres, tout cela écrase l'imagination.

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De la Mer du Nord au Pacifique Sud

L'Ile au trésor par Robert Louis Stevenson Fanny Van De Grift

 

Livres de Robert-Louis Stevenson

Robert Louis Stevenson Robert Louis Stevenson Robert Louis Stevenson

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Autour de Robert-Louis Stevenson

Robert Louis Stevenson

 

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L'Etoile Maison d'hôtes à La Bastide Puylaurent entre Lozère, Ardèche et Cévennes

Ancien hôtel de villégiature avec un magnifique parc au bord de l'Allier, L'Etoile Maison d'hôtes se situe à La Bastide-Puylaurent entre la Lozère, l'Ardèche et les Cévennes dans les montagnes du Sud de la France. Au croisement des GR7, GR70 Chemin Stevenson, GR72, GR700 Voie Régordane (St Gilles), Cévenol, GR470 Sentier des Gorges de l'Allier, Montagne Ardéchoise, Margeride, Gévaudan et des randonnées en étoile à la journée. Idéal pour un séjour de détente.

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